j'ai écris cette histoire pour un des anniversaires de mon René, c'est donc normal qu'il en soit le héros
j'espère que vous l'aimerez autant qu'il l'a aimé
Tout petit, déjà , René croyait aux fées et les cherchait au fond du jardin, d’un puits ou dans les forêts environnantes.
C’était un petit garçon de dix ans très réveur et ses camarades de classe se moquaient parfois de lui la maîtresse d’école le grondait parce qu’il préférait écouter le chant des oiseaux plutôt que la leçon de calcul.
Tous les soirs, il attendait avec impatience le moment du coucher car sa grand-mère Ninie venait lui raconter de merveilleuses histoires.
Il s’endormait ensuit paisiblement et son sommeil était peuplé de doux grèves ou les lutins, les fées et les trolls venaient danser avec une folle sarabande.
Un jour sa grand-mère tombât gravement malade et les médecins impuissants, dirent que rien ni personne ne pourrait la sauver. Désespéré, le petit René s’enfuit alors dans la montagne pour cacher son chagrin.
Aveuglé par les larmes, il manque de renverser une vieille dame toute courbée qui ramasse des simples.
-Dis donc, petit, tu pourrais faire attention ! Tu as failli me faire tomber.
René ne lui répondit pas tout de suite car la vieille femme l’impressionnait en le regardant avec des yeux remplis de reproches . De plus, ce devait être une étrangère au village car il ne l’avait jamais vu auparavant.
Elle était menue et paraissait très âgée, comme toute ratatinée. Son visage très ridé était cependant éclairé par des yeux vifs et brillants qui semblaient pénétrer jusqu’à l’âme.
-Eh bien ! tu ne réponds pas ? Mais tu pleures ! Quelle est donc la raison de ce gros chagrin ?
Les sanglots de René redoublèrent d’intensité et la vieille, attendrie devant un tel désespoir s’efforçât de le consoler
-Je ne t’en veux pas, tu sais. Ne pleures plus, je te pardonne.
-Ce n’est pas à cause de vous, lui répondit-il, C’est ma grand-mère Ninie…Elle est très malade.
-Sais-tu de quoi elle souffre ?
-Non , mais mes parents ont fait venir des docteurs qui disent qu’elle va mourir et qu’il n’existe pas de médicaments qui puissent la guérir. Je l’aime tant ! Elle est si gentille avec moi et me raconte de belles histoires.
-Je voudrais bien t’aider, mon garçon, Mais si ta grand-mère est aussi malade que tu le dis, toutes mes plantes médicinales ne pourront pas servir à grand-chose.
La vieille se tut et demeura ensuite silencieuse quelques instants. Elle semblait réfléchir profondément.
Tout à coup son visage s’illumina
- Il y a bien une solution pour sauver ta grand’mère. Je sais que tout en haut du plus haut sommet des Vosges pousse une plante qui guérit tout et qui rend la vie. Mais le voyage pour aller la ramasser est long, pénible et plein de dangers pour un petit garçon comme toi.
- Je suis très courageux, vous savez et rien ne sera trop dur pour sauver Ninie. J’irai chercher cette plante. Mais comment vais-je la reconnaître parmi les autres ? Ne pourriez-vous pas venir avec moi ?
- - Je suis bien trop vieille pour faire un aussi long voyage et mes jambes me font bien souffrir. Mais ne t’inquiètes pas. Tu verras , on te montrera la plante. Prends cette gourde et ce quignon de pain. Je voudrais bien te donner plus car tu auras besoin de forces mais c’est tout ce que j’ai sur moi. Le temps presse. Il te faut partir immédiatement
Alors René s’en alla par les chemins pour chercher l’herbe qui redonne la vie. La route était longue, ses jambes bien petites ; au bout de quelques heures il était déjà très fatigué.
En milieu d’après midi, il décida de se reposer un peu et de manger le petit bout de pain que la vieille lui avait donné.
Il avait tellement faim qu’il l’aurait bien dévoré tout entier, mais comme il ne savait pas combien de temps son voyage allait encore durer, il se résolut à n’en manger que le quart.
Il allait porter le pain à sa bouche quand un geai se posa à coté de lui.
-Aurait-tu quelques miettes à me donner ? Oh ce n’est pas pour moi mais pour mes petits qui crient de faim au nid.
René partagea alors son minuscule morceaux de pain avec le geai qui le remercia, prit la part offerte et s’envola au loin.
Le petit garçon repris sa route après ce frugal repas. Il marcha longtemps, très longtemps. Il avait mal aux pieds mais n’osait pas s’arrêter de peur de ne plus pouvoir repartir.
Seule la pensée de trouver la plante qui redonne la vie lu donnait le courage de continuer encore….
Le soir venu, il s’arrêta à bout de forces près d’un très vieux puits asséché. Dès qu’il sortit sa gourde d’eau, une petite voix monta du puits.
-Petit, veux-tu m’aider ? On ne peut même plus me voir car j’ai n’ai lus d’eau pour avoir de reflet. Donnes moi un peu de ton eau sinon je vais mourir et j’aurai plus alors de puits que le nom.
René versa la bonne moitié du contenu de sa gourde dans le puits car un puits sans eau n’est plus un puits.
Après cela, ivre de fatigue, de faim et de soif il s’endormit très profondément et fit un grève étrange :
Un geai buvait à une source et soudain se transformait en une jolie fée, identique à celles qu’il pouvait admirer sur les images des livres que Ninie lui lisait le soir venu.
La fée se tournait ensuit vers lui et montrait en souriant un parterre de toutes petites fleurs jaunes.Puis elle l’invitait à regarder son reflet dans l’eau de la source. Il y voyait son visage tout sale et barbouillé de terre ainsi que celui de sa grand-mère guérie qui lui lisait une histoire.
Il y avait aussi autour d’eux, d’étranges personnage qui semblaient prendre beaucoup d’intérêt à la lecture du conte.
Puis tout disparu et René se réveilla.
A son grand étonnement, il s’aperçut qu’il n’était plus au pied du puits dans la montagne mais dans un champ voisin de la ferme familiale. Dans son poing droit serré se trouvait une poignée de fleurs jaunes semblables à celles qu’il avait vu dans son rêve.
Il courut à la maison ou, sans qu’on le lui ait jamais montré ou appris, il confectionna avec les plantes une pommade avec laquelle il frotta les bras et les pieds de sa grand-mère. A la stupéfaction générale, celle ci put se lever peut de temps après et même reprendre ses occupations coutumières.
Ninie interrogea longuement René sur la provenance du remède qui lui avait sauvé la vie.Le petit lui raconta alors sa rencontre avec la vieille dame et sa longue quête pour trouver l’herbe qui sauve la vie.
Comme elle connaissait très bien les histoires d’antan, que l’on répète de génération en génération aux couaroges, Ninie devina immédiatement que René avait croisé le chemin de La Vieille Mère qui l’avait guidé tout au long de sa recherche.
Elle comprit aussi que son petit-fils avait hérité du « don » et qu’il serait plus tard un grand guérisseur comme l’avait été autrefois son défunt mari, et avant lui, le grand-père de celui-ci.
La Vieille Mère qui , en vérité est la fée du sureau avait du percevoir le don de guérison que possédait l’enfant, don exceptionnel qu’on dit offert à ceux qui ont été touchés par la grâce des anges.
On raconte aussi qu’elle secourre tous ceux qui viennent lui demander de l’aide et plus particulièrement « les cueilleurs de simples » car ils savent écouter les bois, les fleurs, les herbes et en tirent des trésors bénéfiques pour la santé.
Le sureau dont la Vieille Mère est la fée se révèle d’ailleurs un très bon émollient. Il est aussi anti-névralgique et diurétique
Il paraît même que les fées en confectionnent un champagne très pétillant en huit jours en mélangeant les fleurs séchées a du vinaigre de vin, du sucre et de l’eau
Les années ont passées très vite. Le petit René a grandi et est effectivement devenu un grand guérisseur qu’on vient consulter de très loin. Sa salle d’attente est toujours remplie et il passe de longues heures à soulager les maux ou à herboriser dans les collines et champs alentours
S’il n’a jamais revu la Vieille Mère, il ne l’a pas oubliée. Alors chaque veille de Pâques, date anniversaire de sa rencontre avec la fée, il ferme la porte de sa maison et se dirige d’un bon pas vers la montagne.
Par une étrange coïncidence, il est de tradition ce jour là d’aller accrocher un bouquet aux volets de sa bien-aimée.
La forme, la grosseur, la couleur et le mélange des fleurs renseignent alors la belle sur les sentiments qu’on lui porte.
Ainsi la fougère indique la sincérité des sentiments, la marguerite la fidélité, la violette un amour caché ; quand elle est double, un amour partagé
Oh ! il y a bien longtemps que René qui vient d’avoir cinquante ans n’adresse plus de tels messages aux volets des demoiselles ; D’ailleurs il est marié depuis plus de vingt-sept ans avec Monette , une fille du Chajoux qui lu a donné trois enfants
Simplement , avant d’accomplir son pèlerinage annuel, il va déposer contre la joue de son épouse encore endormie un ruban de lierre éternel qui veut dire :
« je meurs ou je m’attache »
Puis il remonte doucement le chemin caillouteux en prenant bien soin de ne pas fouler le chemin qu’empruntent les trolls les nuits de pleine lune pour se rendre d’un endroit elfique à l’autre ; chemin sur lequel il est déconseillé de marcher car ces petits lutins très farceurs jouent de méchants tours aux mortels quand on les dérange ;
Au bout de quelques heures, René arrivera à l’endroit ou il avait rencontré la fée et ou poussait maintenant un très beau sureau. Il déposera alors comme chaque année un bouquet de coucous au pied de l’arbre.
La Vieille Mère du sureau hochera doucement la tête et il redescendra tout doucement vers la vallée assuré de récoltes abondantes et de joie pour toute sa famille….
Il a fait promettre à ses enfants de continuer la tradition quand il ne sera plus et vit en attendant une existence bien remplie et passionnante car il sait voir les choses avec son cœur et a su garder une âme d’enfant